Sébastien Natroll,
Une Constitution morte
Aux origines de la réaction américaine
« Il convient de constater la rupture consommée entre le Parti républicain contemporain et l’idéal républicain qui a présidé à la fondation des États-Unis d’Amérique. »
La droite états-unienne s’est récemment emparée de la Cour suprême, plus haute juridiction du pays. Désormais dotée des moyens d’imposer ses valeurs à l’ensemble de la société, elle poursuit son combat politique sur le terrain du droit, par exemple en mettant fin à la protection constitutionnelle de l’avortement.
Cette victoire du camp conservateur est le fruit d’un demi-siècle de luttes acharnées visant non seulement à faire nommer ses juges à la Cour, mais à imposer une lecture rétrograde de la Constitution : l’originalisme, doctrine selon laquelle la seule interprétation valable du texte est celle qui vise à dégager l’« intention originelle » de ses rédacteurs. Portée par une myriade de structures liées à la droite chrétienne et au Parti républicain, cette idée d’une Constitution « morte » s’est en effet peu à peu imposée dans la sphère juridique, jusqu’à devenir hégémonique.
Retraçant cette dynamique, Sébastien Natroll apporte un éclairage inédit sur l’histoire de la réaction américaine, et nous invite à mesurer l’importance de la fabrique du droit dans la guerre culturelle en cours.
« Les juges conservateurs face au problème Trump », Sébastien Natroll, Le Grand Continent, 20 janvier 2026.
« “L’influence de la Federalist Society auprès du Parti républicain est de plus en plus prégnante” : comment la Cour suprême est devenue un instrument politique au service du trumpisme », Christophe Deroubaix, L’Humanité, 20 janvier 2026.
« 19 livres à lire en janvier 2026 », Florian Louis, Le Grand Continent, 2 janvier 2026.