David Harvey,

Les Limites du capital

Les Limites du capital est le chef-d’œuvre du géographe David Harvey et l’un des monuments de la théorie marxiste. Produit d’une dizaine d’années de recherches, cet ouvrage propose une reconstruction « historico-géographique » de l’analyse du capitalisme inaugurée par Marx. Reconstruction, et non commentaire, car l’objectif de l’auteur est double : d’une part, il entend éprouver la cohérence et la solidité des travaux économiques de Marx ; d’autre part, il met particulièrement en relief certains aspects de la théorie marxienne, comme les notions de contradiction et de crise du… → Lire la suite

Stuart Hall,

Race, ethnicité, nation

Le triangle fatal

L’identité s’est imposée comme une question politique centrale de notre époque, mais les débats qui s’y rapportent demeurent le plus souvent posés dans des termes caricaturaux. Pour les clarifier, Stuart Hall étudie ici la construction discursive de trois de ses formes principales : la race, l’ethnicité et la nation. Car si chacune de ces formes est le produit de longs processus de sédimentation historique, leur caractère construit ne doit pas nous conduire à croire qu’il serait possible de se débarrasser de ces catégories comme on… → Lire la suite

Pierre Macherey,

Sagesse ou ignorance ?

La question de Spinoza

L’objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l’alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d’enjeux fondamentaux qui concernent l’ontologie, l’éthique et la politique. Cela conduit à s’intéresser à des notions comme celles de « don » et d’« ingenium », que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable… → Lire la suite

James C. Scott*,

La domination et les arts de la résistance

Fragments du discours subalterne

À trop s’intéresser au discours public des dominants et des dominés, au détriment de leur discours « caché », par définition difficilement saisissable, on risque de ne pas même apercevoir la résistance effectivement opposée par les subalternes. Il y a là un véritable défi épistémologique pour les analystes du monde social et des situations de domination. Derrière le masque de la subordination et l’écran du consensus et de l’apparente harmonie sociale couve ce que James C. Scott nomme l’« infra-politique des subalternes » : la politique souterraine des dominés.  Dans… → Lire la suite