Couverture de l'ouvrage "Porkopolis. La vie standardisée à l’ère des fermes-usines" d'Alex Blanchette

Alex Blanchette,

Porkopolis

La vie standardisée à l’ère des fermes-usines

« Les vies et les morts des cochons sont un reflet de la manière dont nous, humains, vivons ensemble. »

L’essor de l’élevage industriel a radicalement transformé la relation des humains avec ce qu’ils mangent ; et la volonté d’optimiser la production de viande a engendré un monde nouveau : celui de la ferme-usine. Ici, on rêve d’une production affranchie des contraintes du milieu dans lequel elle est réalisée, capable de déposséder les différentes entités qu’elle enrôle de tout ce qui peut faire obstacle à la concentration du capital.
Brossant le portrait d’une ville anonyme totalement vouée à la production de porcs dont le moindre gramme doit être utilisé, Alex Blanchette met en évidence la violence à l’œuvre dans la réalisation d’un tel projet, les errements d’une standardisation toujours plus poussée des corps, les limites de la reconfiguration des milieux, des écologies et des relations. Si son ethnographie de la Porkopolis est vertigineuse, il ne cède en rien à la résignation. En décrivant la dégradation des vies humaines et animales, les communautés de destin des humains et des non-humains qui s’affairent dans les fermes-usines, il nous donne autant de prises pour penser (et lutter contre) les reconfigurations du travail et des rapports entre êtres vivants au sein du capitalisme industriel.

Traduction : Valentine Leÿs,
Couverture © Victoria Denys
Préface : François Thoreau,