Jasbir K. Puar,
Homonationalisme
Contre la normalisation LGBT
« L’homonationalisme est un régime d’inclusion différentielle. Ce n’est pas un complot ni une trahison, mais une manière d’organiser les différences : en rendant certaines visibles et célébrées, et d’autres invisibles, pathologisées ou criminalisées. »
En parlant d’homonationalisme, Jasbir K. Puar désigne un double mouvement : d’une part, l’intégration partielle et conditionnelle de certaines subjectivités LGBTQIA+ dans la norme nationale ; d’autre part, l’exclusion concomitante d’autres figures – migrant·es, musulman·es, femmes voilées, queers ou trans pauvres et/ou non-blanc·hes. Elle montre, avec une précision redoutable, que les politiques de diversité, d’inclusion et de droits sexuels peuvent devenir des instruments d’hégémonie, tout en consolidant les hiérarchies raciales, de classe et de genre.
La reconnaissance des minorités sexuelles n’est pas nécessairement un acte d’émancipation, mais peut fonctionner comme une technologie de pouvoir, qui distingue les sexualités « tolérables » et celles qui ne le sont pas, les citoyen·nes « civilisé·es » et les « autres », racialement ou religieusement marqué·es. C’est pourquoi Homonationalisme constitue un texte fondamental : il rappelle que toute critique véritable du pouvoir suppose de décrire les promesses qu’il fait – surtout celles qui se présentent comme progressistes.
« Aux États-Unis, soutenir les personnes trans relève désormais du “terrorisme” », Léane Alestra et Arya Meroni, Problematik Media, 18 mai 2026.
« L’homonationalisme, clé de l’adhésion LGBT+ aux politiques islamophobes », Arya Meroni, Problematik Media, 9 avril 2026.
« Homonationalisme - Jasbir K. Puar », Politikon, YouTube, 1 avril 2026.
« Drag queens, incels, true crime… Douze essais et récits à dévorer sans tarder », Thomas Messias, Slate, 28 mars 2026.
« “Au RN, il n’y a pas de folles, pas de pédales” : qu’est-ce que l’homonationalisme, qui incite une partie de la communauté LGBT + à voter extrême droite ? » , Alicia Arquetoux, L’Humanité, 12 mars 2026.
« Municipales 2026 et droits LGBTI+ : la bonne volonté des candidat·e·s suffit-elle à pallier les angles morts des programmes ? », Nadia Ayad, Noé Collomb, Killian Montesquieu, Nathan Ortega et Thomas Rosset, Fondation Jean Jaurès, 4 mars 2026.