Gayatri Chakravorty Spivak

Gayatri Chakravorty Spivak est directrice de l’Institute for Comparavative Literature and Society de Columbia University. Elle a traduit en anglais De la grammatologie de Jacques Derrida et de nombreux récits de l’écrivaine Mahasweta Devi ; elle a dirigé avec Ranajit Guha une anthologie, préfacée par Edward Said, des écrits de l’école historique indienne des subaltern studies ; et elle est l’auteure, notamment, de In Other Worlds. Essays in Cultural Politics ; Outside in the Teaching Machine ; A Critique of Postcolonial Reason: Toward a History of the Vanishing Present ; Death of a Discipline ; et de Other Asias ; ainsi que la co-auteure de plusieurs recueils d’entretiens et d’un dialogue avec Judith Butler, L’État global.

Pierre Macherey

Pierre Macherey a enseigné aux universités Paris I et Lille III. Il est actuellement chercheur associé à l’UMR « Savoirs Textes Langage » du CNRS. Ses travaux ont principalement porté sur la philosophie de Spinoza, les rapports entre philosophie et littérature, et la place occupée par la philosophie dans la société française moderne et contemporaine. Dernières publications : De l’utopie ! (De l’Incidence, 2011), La Parole universitaire (La fabrique, 2011), Études de philosophie « française », de Sieyès à Barni (Publications de la Sorbonne, 2013), Proust (Éditions Amsterdam, 2013) et Le Sujet des normes (Éditions Amsterdam, 2014).

Proust

Proust, écrivain et théoricien de l’art, n’a cessé de réfléchir aux rapports qu’entretiennent philosophie et littérature. Dans cet ouvrage, Pierre Macherey interroge la manière dont on peut faire de la philosophie avec du roman, et quel genre ‒ assez inhabituel ‒ de philosophie peut émerger sous cette forme. L’exemple de Proust est à cet égard très parlant : si l’intérêt philosophique de son fameux cycle À la recherche du temps perdu est incontestable, la nature de cet intérêt se dérobe aux critères de la philosophie en titre. La recherche de vérité à laquelle se livre Proust est inséparable des méandres que parcourt l’intelligence stylistique qui définit son travail d’écrivain ; un écrivain qui pense en écrivant, et qui ne pense qu’en écrivant.

Au cours de cette expérience philosophique parfaitement originale, littérature et philosophie, sans se confondre, communiquent et se stimulent réciproquement. Pierre Macherey suit ici pas à pas, et comme à l’aveugle, les tours et détours d’une réflexion qui fait texte en se romançant, et s’actualise à travers cet exercice que Proust a poussé à un degré de sophistication rarement égalé.

Le Sujet des normes

Selon Pierre Macherey, la question de la manière dont les normes opèrent ne doit pas être traitée dans l’abstrait. Il faut la rapporter aux nouvelles structures de socialisation et d’exercice du pouvoir liées au développement, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, du machinisme et de la révolution industrielle : ce sont ces structures qui définissent encore aujourd’hui la manière dont on devient sujet.

Ces structures, ce sont celles dont Marx a analysé la base économique dans Le Capital, et que Foucault, suivant une approche différente mais convergente, du moins sur certains points, a examinées en se servant du concept de « société de normes ». Des lectures croisées s’imposent donc. De Marx à Althusser, d’Althusser à Foucault, de Foucault à Fanon, de Fanon à Deligny, et ainsi de suite, Pierre Macherey dresse des ponts entre différents systèmes de pensée et nous invite à une promenade philosophique et politique destinée à mettre au jour les mécanismes idéologiques de cette société de normes.