Stuart Hall a été directeur du Centre for Contemporary Cultural Studies de Birmingham à la fin des années 1960, puis professeur à l’Open University de Londres. En français, sont parus : Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme (Éditions Amsterdam, 2008) et une anthologie en deux volumes, Identités et cultures (Éditions Amsterdam, 2007 et 2013).
Auteur : Editions Amsterdam
Slavoj Žižek
Slavoj Žižek est responsable de recherche à l’Institut d’Études Sociales de Ljubljana. Il a déjà publié en français : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Lacan sans jamais oser le demander à Hitchcock (Paris, Navarin, 1988) ; Ils ne savent pas ce qu’ils font. Le sinthome idéologique (Paris, Point Hors Ligne, 1990) ; Un essai sur Schelling : le reste qui n’éclôt jamais (Paris, L’Harmattan, 1996) ; Le spectre rôde toujours. Actualité du Manifeste du parti communiste (Paris, Nautilus, 2002). Son œuvre, comme celles d’Alain Badiou, Étienne Balibar, Judith Butler, Ernesto Laclau, Antonio Negri ou Jacques Rancière, se situe au cœur des débats qui, après l’effondrement du paradigme marxiste-léniniste et à l’heure de la mondialisation libérale, cherchent à redéfinir les termes d’une politique démocratique radicale.
Lacrimae Rerum
Slavoj Žižek est tout autant philosophe que cinéphile, et Lacrimae rerum en est certainement la preuve. À travers les œuvres de quatre réalisateurs majeurs, Krzysztof Kieslowski, Alfred Hitchcock, Andreï Tarkovski et David Lynch, c’est tout le cinéma contemporain qui est passé au crible de ses analyses percutantes. Son usage de Lacan ouvre des perspectives nouvelles et productives dans l’analyse cinématographique, qui sont aussi l’occasion d’aborder les questions de l’éthique politique, de la subjectivité, de l’altérité, des droits humains, du postmodernisme ou encore du pluralisme culturel.
Maxime Cervulle
Maxime Cervulle est professeur en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis. Il est co-directeur du Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation (CEMTI). Il est le coauteur de Homo exoticus. Race, classe et critique queer (Armand Colin–Ina, 2010) et de Cultural Studies. Théories et méthodes (Armand Colin, 2018).
Kevin Floyd
Kevin Floyd enseigne à l’université du Kent, dans des domaines aussi variés que la théorie littéraire et culturelle, la théorie queer et les études sur le genre, la théorie marxiste et la littérature et culture du XXe siècle.
La Réification du désir
Dans La Réification du désir, Kevin Floyd se propose d’enfin réconcilier marxisme et théorie queer. Faisant dialoguer Butler et Foucault avec Lukács et Marx, il invite les apports critiques de la théorie queer dans un champ marxien qui a souvent mis de côté les questions – « culturelles » – de sexualité et de genre, et, dans le même mouvement, tente de « matérialiser » des Queer studies qui semblent parfois opérer hors de toute détermination historique. Des textes de Herbert Marcuse à ceux de Fredric Jameson en passant par le film Midnight Cow-boy ou les mémoires de David Wojnarowicz, rédigés au moment de l’apparition du sida et de l’émergence du néolibéralisme, Kevin Floyd croise les références pour montrer que pour faire l’histoire du capitalisme et de l’industrialisation, on ne peut faire l’économie de l’histoire des sexualités et des rapports de genre – et inversement.
Nature et politique
L’enjeu de l’écologie n’est plus simplement d’actualité, il est urgent. Le climat change, les ressources s’épuisent, et plus le temps passe plus les sombres prédictions faites par le Club de Rome dans les années 1970 se vérifient. En conséquence, la question rencontre de plus en plus d’intérêt. Les thèses sont nombreuses, et à les lire, on ne peut se départir d’une impression de flou, voire d’éparpillement ou de contradiction.
L’écologie politique est-elle progressiste ? Est-elle réactionnaire ? Est-elle libertaire ou autoritaire ? S’agit-il d’une nouvelle religion ? S’agit-il du nouveau conflit central ? En partant des questions clé qui ont orienté les débats autour de l’écologisme depuis son apparition dans les années 1960, Fabrice Flipo organise la discussion et relie les fils épars de l’analyse empirique et théorique.
Il nous montre que l’écologie politique se définit non par la protection de l’environnement mais par une remise en cause de l’universalité du mode de vie moderne. L’écologisme est ainsi un mouvement d’emblée global, qui renverse les cadres établis de la politique.
Steve Biko
Steve Biko fut le fondateur du mouvement de la Conscience Noire en Afrique du Sud. Né en 1946 à Tylden, dans la province du Cap Oriental, il mourut entre les mains de la police en 1977. Étudiant en médecine à l’université du Natal pendant une courte période, il créa en 1968 l’Organisation des étudiants sud-africains, une organisation exclusivement noire dont il fut élu président. La diffusion de l’idéologie de la Conscience noire dans la société amena Biko à former, en 1971, la Convention du peuple noir et les Programmes communautaires noirs. Dès 1973, Biko fut l’objet d’une répression gouvernementale : placé en résidence surveillée, on lui interdit de parler en public et il devient illégal de citer de ses discours comme ses écrits. En 1976, les soulèvements de Soweto et de nombreux autres townships révélèrent l’influence grandissante du mouvement de la Conscience noire. Le 12 août 1977, il est arrêté par la police. Torturé lors de son interrogatoire, il décède le 12 septembre. Son assassinat a provoqué un scandale international qui a entraîné le renforcement de l’embargo sur les armes à l’encontre de l’Afrique du Sud.
Conscience Noire
Le 12 septembre 1977, Steve Biko est assassiné par la police sud-africaine. Ce recueil d’articles écrits entre 1969 et 1977, dont certains clandestinement, témoigne des conditions de vie et des mouvements de résistance en Afrique du Sud pendant l’apartheid, tout en proposant une analyse fine des mécanismes d’oppression mis en place par le régime minoritaire blanc.
Au fil de ces textes, on voit apparaître non seulement les contours d’une philosophie émancipatrice qui vient s’ajouter à celles d’auteurs comme Frantz Fanon, Aimé Césaire ou Amilcar Cabral, mais également une histoire de l’Afrique du Sud distincte de celle qu’imposera le nouveau gouvernement sud-africain de l’ANC.
Steve Biko n’avait encore jamais été traduit en français. Sa pensée a pourtant permis la création du Mouvement de la Conscience Noire, qui est devenu au cours des années 1980 l’une des plus importantes forces politiques d’opposition à l’apartheid. Ce livre n’est pas un simple hommage à l’histoire de ce mouvement et aux luttes que Steve Biko a menées, c’est aussi une première porte d’entrée vers une autre histoire, plurielle, de l’apartheid.
Matthieu Renault
Matthieu Renault est Professeur en Histoire critique de la philosophie à l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Il est également l’auteur de W. E. B. Du Bois (Amsterdam, 2021) avec Magali Bessone, et de L’Amérique de John Locke (Amsterdam, 2014).
L’Amérique de John Locke
Farouche adversaire de l’absolutisme, défenseur de la tolérance religieuse, père fondateur du libéralisme, John Locke (1632-1704) est une figure canonique de l’histoire de la pensée politique européenne. Il a forgé son œuvre au cœur même des batailles politiques qui agitaient l’Angleterre de la fin du XVIIe siècle et qui menèrent à la Glorieuse Révolution de 1688.
Ce que l’on sait moins, c’est que Locke a également eu une très riche carrière coloniale au service de l’expansion anglaise en Amérique. Sa philosophie constitue le moment inaugural d’une histoire au cours de laquelle allaient être inextricablement noués libéralisme et colonialisme, construction étatique et formation impériale. Elle révèle également les relations intimes qui ont uni épistémologie et politique depuis la découverte du Nouveau Monde. L’Amérique de John Locke entend mettre en évidence l’émergence d’une géopolitique de la connaissance avec laquelle nous sommes encore loin d’avoir fini.
Abdellali Hajjat
Abdellali Hajjat est sociologue à l’Université libre de Bruxelles et membre du Groupe de recherche sur les relations ethniques, les migrations et l’égalité. Il a notamment publié La Marche pour l’égalité et contre le racisme (Amsterdam, 2013) et co-écrit Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman » (La Découverte, 2022 [2013]).
La Marche pour l’égalité et contre le racisme
Trente ans après, que reste-il de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de l’automne 1983 ? Initiée par des jeunes du quartier des Minguettes à Vénissieux et des militants antiracistes de la Cimade à la suite des rébellions urbaines de la banlieue lyonnaise, cette mobilisation sans précédent symbolise l’apparition dans l’espace public des enfants d’immigrés post-coloniaux.
La Marche représente une sorte de « Mai 68 » des jeunes immigrés qui prennent la parole contre les crimes racistes, pour l’égalité devant la justice et la police, le droit au travail, le droit au logement, l’accès à la culture, etc. S’appuyant sur une étude empirique, La Marche pour l’égalité et contre le racisme se donne pour objectif d’éclairer certaines zones d’ombre d’un événement mythique mais méconnu. Il s’agit aussi pour Abdellali Hajjat d’une porte d’entrée idéale pour éclairer les relations sociales entre groupe national majoritaire et groupes minoritaires, au travers d’enjeux cruciaux pour la société tout entière : légitimité de la présence des immigrés sur le territoire, reconnaissance des déviances policières violentes, recrudescence des crimes racistes, passage de la rébellion violente à l’action collective non-violente, politisation des jeunes de cité, question post-coloniale, construction du « problème musulman », etc.
L’histoire de la Marche constitue un puissant révélateur de ces enjeux politiques toujours d’actualité.
Au-delà du développement
Le développement est aujourd’hui un concept hégémonique. Symboliquement lié à une promesse de confort, de bonheur, il réduit dans les faits la qualité de vie à des paramètres de croissance économique et de consommation. Il nous lie irrévocablement à un imaginaire situé, occidental et colonial, à des outils technocratiques et à des pratiques prédatrices qui nous ont amenés aux limites de ce que la planète peut supporter.
Pourtant, même au cœur des changements politiques radicaux à l’œuvre notamment en Amérique latine, les fondements du développementisme restent bien ancrés. Les alternatives à cette imposition acritique doivent être économiques, mais aussi politiques, sociales et institutionnelles. Des concepts encore largement méconnus en France tels que le droits de la nature fondent en Amérique latine tout un courant de réflexion qui décale la perspective à partir de laquelle ces questions sont habituellement articulées dans le monde occidental, et qui apporte un éclairage radicalement nouveau et délibérément multiple sur l’échec des politiques néolibérales en matière de développement.
Ce livre regroupe des contributions de certains des penseurs critiques parmi les plus reconnus d’Amérique latine sur les questions de développement et d’écologie, parmi lesquels Alberto Accosta (ex-président de l’Assemblée constituante et fgure de proue des intellectuels de la gauche environnementale en Équateur), Eduardo Gudynas (chercheur uruguayen) ou Maristella Svampa (sociologue argentine).
Gayatri Chakravorty Spivak
Gayatri Chakravorty Spivak est directrice de l’Institute for Comparavative Literature and Society de Columbia University. Elle a traduit en anglais De la grammatologie de Jacques Derrida et de nombreux récits de l’écrivaine Mahasweta Devi ; elle a dirigé avec Ranajit Guha une anthologie, préfacée par Edward Said, des écrits de l’école historique indienne des subaltern studies ; et elle est l’auteure, notamment, de In Other Worlds. Essays in Cultural Politics ; Outside in the Teaching Machine ; A Critique of Postcolonial Reason: Toward a History of the Vanishing Present ; Death of a Discipline ; et de Other Asias ; ainsi que la co-auteure de plusieurs recueils d’entretiens et d’un dialogue avec Judith Butler, L’État global.
Pierre Macherey
Pierre Macherey a enseigné aux universités Paris I et Lille III. Il est actuellement chercheur associé à l’UMR « Savoirs Textes Langage » du CNRS. Ses travaux ont principalement porté sur la philosophie de Spinoza, les rapports entre philosophie et littérature, et la place occupée par la philosophie dans la société française moderne et contemporaine. Dernières publications : De l’utopie ! (De l’Incidence, 2011), La Parole universitaire (La fabrique, 2011), Études de philosophie « française », de Sieyès à Barni (Publications de la Sorbonne, 2013), Proust (Éditions Amsterdam, 2013) et Le Sujet des normes (Éditions Amsterdam, 2014).