C. L. R. James,

Histoire des des révoltes panafricaines

Histoire des révoltes panafricaines propose, à une époque où la quasi-totalité du monde noir vit encore sous le joug colonial, une histoire mondiale de la résistance des Noirs, de Saint-Domingue aux colonies africaines, en passant bien sûr par les États-Unis et les autres îles des Antilles. L’épilogue, écrit par James en 1969, revient sur la décolonisation de l’Afrique, le mouvement des droits civiques aux États-Unis, les conflits dans les Caraïbes, prolongeant, précisant et corrigeant les positions avancées à la fin des années 1930.
Rompant avec le cliché des primitifs subissant passivement leur exploitation, il affirme : « Le seul endroit où les Noirs ne se sont pas révoltés, écrivait James, c’est dans les pages écrites par les historiens capitalistes. » Aussi place-t-il les travailleurs noirs au centre de l’histoire mondiale, incluant, sans les hiérarchiser, un ensemble très divers de rébellions : révoltes d’esclaves, grèves, mouvements millénaristes ou antiracistes. Ce sont les masses qui font l’histoire, dans les conditions et avec les croyances qui sont les leurs ; les leaders, Toussaint comme Nkrumah, Garvey comme Nyerere, ont toujours été portés et produits par des processus collectifs. Manière de sortir aussi bien des approches marxistes axées sur l’ouvrier de l’industrie que des visions hagiographiques exaltant les « grands hommes de l’histoire ». Par son sujet et par son traitement, le livre de James n’a pas pris une ride ; au contraire, il pourrait même être encore en avance sur notre temps.

Traduction : Véronique Samson,
Couverture © Sylvain Lamy
Préface : Selim Nadi,
Postface : Matthieu Renault,