Luiz Renato Martins,
La Conspiration de l’art moderne
De David à Rothko
La forme de l’art moderne, parce qu’elle suit les luttes populaires, est nécessairement inachevée et tend vers une révolution permanente.
La Conspiration de l’art moderne n’est pas un ouvrage d’histoire de l’art, pas même d’histoire sociale ou politique de l’art ; c’est un livre qui entend repenser le lien entre l’histoire et l’art et qui, par la même, renouvelle en profondeur notre perception de l’art moderne. Il étudie l’inscription du mouvement historique, l’émergence des nouvelles forces sociales et politiques et leurs effets dans la peinture, entre la période de la Révolution française et le milieu du XXe siècle, de David à Mark Rothko, en passant par Van Gogh et Cézanne. L’art moderne, explique Luiz Renato Martins, est la condensation d’une multiplicité d’expériences et le lieu d’une révolution inachevée.
L’auteur évoque les conditions matérielles de l’élaboration des tableaux – y compris les matériaux et instruments utilisés – et leur mise en œuvre dans le discours des œuvres et la pratique des peintres. Il examine ainsi la politique des artistes au sein de leur champ, la présence des forces sociales et politiques dans les œuvres et les réponses, notamment institutionnelles, dont les tableaux font l’objet. Ses interprétations les plus étonnantes concernent David et Manet : loin du néoclassicisme auquel on l’associe, le premier devient le précurseur du modernisme, d’une position d’avant-garde, et même du photojournalisme, tandis que le second, traditionnellement salué comme le parangon de l’autonomie de l’art, apparaît comme le peintre de la transformation des humains en marchandises, en êtres voués à la circulation du capital.