Stanley Cohen,
Paniques morales et Démons populaires
Quel rapport entre LSD, burkini et peur du wokisme ? Chacun se relie à une panique morale. Comment un fait divers se transforme-t-il en emballement médiatique, jusqu’à l’invention de figures diaboliques qui incarneraient tous les maux d’une société ? C’est pour répondre à cette question que le sociologue Stanley Cohen a forgé ce concept, désignant ainsi une forme spécifique de réaction sociale à des phénomènes déviants, portée par les médias de masse, qui participe à la construction des politiques publiques. Si le terme fait désormais l’objet d’une large appropriation par divers analystes politiques, Paniques morales et Démons populaires n’avait toujours pas de traduction française : il importait donc de donner à lire ce classique des sciences sociales, qui permet de mieux comprendre les crispations cycliques observées dans le débat public autour de figures telles que le jeune délinquant, l’étranger profiteur ou encore le drogué incontrôlable. À l’encontre des généralisations abusives et des discours opportunistes des journalistes, des élus ou des experts, cet ouvrage dit quelque chose d’essentiel sur notre rapport à la déviance et au contrôle social.