Luiz Renato Martins,
La Conspiration de l’art moderne
Peinture, travail et révolution de David à Rothko
La forme de l’art moderne, parce qu’elle suit les luttes populaires, est nécessairement inachevée et tend vers une révolution permanente.
La Conspiration de l’art moderne ne propose rien de moins qu’une réinterprétation générale de l’histoire de la peinture, de David à l’expressionnisme abstrait. Si ses objets d’étude sont classiques – Manet, Monet, Van Gogh, Cézanne, Braque, le constructivisme, Pollock, Rothko –, l’ouvrage rompt avec les lectures esthétiques et formalistes encore hégémoniques en histoire de l’art.
La peinture moderne est intimement liée aux bouleversements sociaux et politiques qui débutent avec la Révolution et l’avènement du capitalisme industriel. Elle ne cesse de réinventer le réalisme, non pas seulement en tant que forme de représentation, mais en tant que réflexion sur la fabrication de l’art : l’artiste, prolétaire avant tout, est hanté par le problème de la production. Dans le même temps, il se confronte et s’oppose à l’énorme processus de destruction, de fragmentation et de standardisation enclenché par la modernisation capitaliste. C’est cette dialectique d’un art aux prises avec les convulsions de l’histoire que Luiz Renato Martins nous invite à explorer.