Ivan Segré,

La Souveraineté adamique

Une mystique révolutionnaire

Dans les mythes des civilisations impériales de l’Antiquité, l’humain est créé pour servir les dieux. Ainsi se trouve formulée l’idéologie, sans cesse réactualisée, qui justifie la domination de l’homme sur l’homme. C’est avec cette justification que rompt la Bible hébraïque, dont ce livre s’attache à démontrer la force subversive. Au fil d’une lecture aussi rigoureuse que novatrice de la Genèse, Ivan Segré souligne en effet que pris à la lettre, le récit de la création de l’homme composé par les scribes hébreux est la matrice d’un humanisme révolutionnaire, en ce qu’il est fondé sur l’injonction anarchique, ou adamique, de destituer le principe de domination – autrement dit, d’en finir avec l’antagonisme entre maîtres et esclaves, oppresseurs et opprimés. Car l’humain y est voué non pas à servir, mais à entrer en relation avec un autre corps parlant, de manière à faire société avec lui.

Interrogeant, à la suite de Foucault, « la vérité sur ses effets de pouvoir et le pouvoir sur ses discours de vérité », cet essai renouvelle en profondeur notre compréhension tant du judaïsme que des débats contemporains sur ce qu’est une politique révolutionnaire.

Motif de couverture (c) Victoria Denys