Les politiques de l’identité sont-elles vraiment porteuses d’une promesse d’égalité ? Pour Asad Haider, il n’en est rien. Au fil d’une analyse qui convoque tant l’héritage des mouvements révolutionnaires noirs que sa propre expérience de militant aux États-Unis, il montre que la compréhension de la race comme identité constitue une impasse pour la lutte antiraciste et, plus largement, pour les mouvements d’émancipation.
Dévoilant la fonction consolatrice du langage de l’identité et son inscription dans une vision libérale du monde, cet essai propose une mise au point essentielle sur des sujets brûlants comme la perspective séparatiste, la rhétorique des identités blessées ou les traits constitutifs de la blanchité. Il en résulte une critique résolue du paradigme de la victimisation, qui non seulement reconduit l’idéologie de la race, mais tend à naturaliser les inégalités. À ce paradigme, Haider oppose la revendication d’une universalité insurgée : celle qui advient quand est mise en acte une pensée politique réclamant la liberté pour tous.
decouvrir
La Plaine
Dans la plaine de la Beauce, région spécialisée dans la céréaliculture intensive, la modernité technicienne n’admet guère de critiques. Nuisances industrielles, surcharge de travail, endettement, maladies professionnelles : rien n’y fait. Dépossédés de leur métier, les agriculteurs continuent néanmoins, consentants ou résignés, à faire le pari du progrès. Alternant portraits de chefs d’exploitation et chapitres analytiques, ce documentaire éclaire d’un jour nouveau l’engrenage productiviste. Des exploitations agricoles aux réunions syndicales, des agences bancaires aux coopératives de semences, des formations techniques aux salons agricoles, La Plaine est une enquête sociale sur le consentement des travailleurs du productivisme et sur les forces sociales de l’inertie politique.