Isabelle Mangou est psychanalyste. Elle est l’auteure de plusieurs livres et articles autour des narratologies de la psychanalyse et travaille, depuis 2004, sur les archives, les pratiques vivantes et militantes de F. Guattari.
Auteur : Editions Amsterdam
Graeme Thomson
Silvia Maglioni et Graeme Thomson sont cinéastes et artistes interdisciplinaires. Leur travail intègre la réalisation de films, d’expositions, d’eventworks, d’émissions radio expérimentales et de publications. Après Facs of Life (2009), ils préparent actuellement leur deuxième long-métrage, Girl from the Nouvelle Vague, ainsi qu’une série de projets artistiques autour de l’Univers Infra-quark.
Silvia Maglioni
Silvia Maglioni et Graeme Thomson sont cinéastes et artistes interdisciplinaires. Leur travail intègre la réalisation de films, d’expositions, d’eventworks, d’émissions radio expérimentales et de publications. Après Facs of Life (2009), ils préparent actuellement leur deuxième long-métrage, Girl from the Nouvelle Vague, ainsi qu’une série de projets artistiques autour de l’Univers Infra-quark.
Félix Guattari
Félix Guattari (1930-1992) était psychanalyste, philosophe et activiste. Il est notamment l’auteur de Psychanalyse et transversalité et de Chaosmose. On lui doit également L’Anti-Œdipe et Mille Plateaux, écrits avec Gilles Deleuze.
Un amour d’UIQ
« On se demande toujours s’il n’existerait pas de la vie ou de l’intelligence sur d’autres planètes, quelque part dans les étoiles… mais on ne se pose jamais de questions sur l’infiniment petit… peut-être que ça peut venir de ce côté-là, d’un univers encore plus petit que les atomes, les électrons, les quarks… »
S’il a très peu écrit sur le cinéma, Félix Guattari était cinéphile et s’intéressait aux enjeux politiques du cinéma populaire en tant que machine de subjectivation. Si bien qu’il désire passer à l’action, derrière la caméra, en s’essayant à la réalisation d’un film de science-fiction.
Guattari travaillera sur le scénario d’Un amour d’UIQ, initialement avec le cinéaste américain Robert Kramer, de 1980 à 1987 ; mais le film ne sera jamais tourné… Influencé à la fois par son travail clinique, son engagement dans la politique radicale, sa passion pour les bandes dessinées, les radios libres et les films de science-fiction, Un amour d’UIQ offre un prototype d’un cinéma populaire subversif. Un cinéma qui brouille les codes sémiotiques usagés, en construisant un champ d’affects impersonnels et trans-personnels, ainsi que des devenirs mineurs.
À travers le scénario de Guattari, et un important travail d’archive et critique, S. Maglioni, G. Thomson et I. Mangou donnent à voir le processus de création et tout le hors-champ des possibles de ce film qui n’a jamais vu le jour et interrogent la place de cette pièce, à la manière d’un puzzle, dans l’œuvre de Félix Guattari.
test isotope
test isotope
Dipesh Chakrabarty
Dipesh Chakrabarty est professeur d’histoire, de civilisations et de langues sud-asiatiques à l’université de Chicago. Il est notamment l’auteur de Rethinking Working-Class History : Bengal 1890-1940.
Partha Chatterjee
Partha Chatterjee enseigne actuellement l’anthropologie à l’université Columbia (New York). Il est notamment l’auteur de Nationalist Thought and the Colonial World : A Derivative Discourse ? ; et de The Nation and its Fragments.
Politique des gouvernés
Dans la majeure partie du monde, la politique n’a pas le visage que nous lui connaissons en « Occident ». Dans les anciens pays colonisés, la « société civile » ne concerne qu’une petite partie de la population, celle que sa position sociale, son éducation et ses valeurs rendent capable et désireuse de participer au jeu démocratique tel qu’il a été défini par la « modernité » politique. Le reste de la population, son écrasante majorité, continue d’être d’abord pour l’État une population à administrer, à gérer, même lorsqu’elle bénéficie du droit de vote.
Mais, à travers l’exemple de l’Inde, Partha Chatterjee montre que s’élaborent, au sein de cette population, et en réaction à la gestion gouvernementale, des formes politiques nouvelles, une « société politique » qui défie les catégories politiques traditionnelles.
Pour la comprendre, pour ne pas la réduire à une « prépolitique », il nous faut reconnaître que nous sommes dans un temps hétérogène, fruit de la rencontre et de la composition des catégories de la modernité politique et, entre autres, de celles de la tradition ou de la religion. Dès lors, s’ouvre l’observation passionnante des luttes politiques qui se développent, souvent à la frontière de la légalité, pour faire reconnaître le droit des gouvernés à redéfinir les politiques qui les visent.
L’exigence d’avoir à inventer les formes, forcément précaires et changeantes, d’une politique des gouvernés pourrait ne pas concerner que les populations anciennement colonisées, tant il est vrai que, depuis le 11 septembre au moins, comme l’analyse Partha Chatterjee, c’est l’ensemble des peuples du monde qui subit la gestion des États-Unis et leur vocation de nouvel empire mondial.
Fabrice Flipo
Fabrice Flipo est philosophe, maître de conférences à Telecom & Management SudParis (Institut Mines-Télécom) et chercheur au Centre de Sociologie des Pratiques et des Représentations Politiques (Paris 7-Diderot). Il a notamment publié Justice, nature et liberté (Parangon, 2007), La Décroissance (avec Denis Bayon et François Schneider, La Découverte, 2010) et La Face cachée du numérique (avec Michèle Dobré et Marion Michot, L’Échappée, 2013).
Entretien avec Fabrice Flipo réalisé par Nicolas Dutent
À lire sur le site de l’Humanité : L’écologisme est le futur grand intégrateur
Intervention de Fabrice Flipo à « Ce soir (ou jamais !) »
Fabrice Flipo, auteur de Nature et politique, dans Ce Soir (ou jamais !), émission du du 31 octobre 2014.
Émilie Hache
Émilie Hache est maître de conférences à l’Université Paris Ouest Nanterre au département de philosophie et membre du laboratoire Sophiapol. Ses recherches portent sur les questions écologiques et sur la philosophie pragmatique. Elle est notamment l’auteure de Ce à quoi nous tenons. Propositions pour une écologie pragmatique (La Découverte, 2011).
Ecologie politique
Quel est l’objet de l’écologie ? Les tigres du Bengale menacés de disparition ou bien les populations habitant près d’usines chimiques polluantes ? Qui compte et qui est oublié, en faisant de la « nature » l’objet privilégié de l’écologie ?
De Bruno Latour à Donna Haraway, en passant par William Cronon, Mike Davis ou Jennifer Wolch, le présent recueil nous donne à voir, à travers des textes pour la plupart inédits en français, les questionnements fondamentaux de l’écologie politique comme sa très grande diversité. En proposant aussi bien des textes de référence que des interventions mettant en évidence les débats actuels, Émilie Hache dresse une première cartographie des points nodaux de l’écologie politique. On navigue ainsi de la maltraitance des animaux domestiques à l’élaboration d’une politique des espèces compagnes, du point de vue occidental sur les « parcs naturels » à celui des communautés qui les habitent, de « l’évidence » de la séparation entre nature et humanité à la perception de leur intrication fondamentale.
La crise écologique que nous traversons nous oblige plus que jamais à penser ensemble les enjeux théoriques et politiques de l’écologie, afin d’espérer y répondre de manière non barbare.
Avec des textes de : Murray Bookchin, William Cronon, Mike Davis, William Denevan, Vinciane Despret, Giovanna Di Chiro, Ramachandra Guha, Donna Haraway, Atsushi Ishii & Ayakubo Okubo, Bruno Latour, Lynn Margulis, Joan Martinez-Alier, Jennifer Wolch.
Yves Cohen
Yves Cohen est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Il a notamment écrit Organiser à l’aube du taylorisme. La pratique d’Ernest Mattern chez Peugeot, 1906-1919 (PUFC, 2001).
Le Siècle des chefs
Les foules se déclarant « sans leader » qui émergent aujourd’hui en de nombreux points du monde sont en rupture complète avec l’idée qui a dominé le XXe siècle, selon laquelle « les hommes en foule ne sauraient se passer de maître » (Gustave Le Bon, 1895).
Pourquoi « le besoin de chef » a-t-il pris une telle ampleur à partir de la fin du xixe siècle ? Comment la préoccupation pour le commandement a-t-elle circulé d’un domaine à l’autre, de la guerre à la politique et de la politique à l’industrie ? Comment les formes et le langage du commandement sont-ils devenus transnationaux ? Quel rôle ont joué les sciences sociales, en particulier la psychologie et la sociologie, dans l’affirmation du chef ? C’est à ce type de questions que s’intéresse Yves Cohen dans Le Siècle des chefs.
En articulant une étude des littératures profanes et spécialisées sur le commandement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et une analyse des pratiques des chefs, il nous invite à suivre à la trace les actions des ingénieurs et directeurs d’usine et l’exercice du commandement par Roosevelt, Hitler, et surtout Staline.
Le Siècle des chefs offre ainsi une vaste fresque transversale et internationale de la montée de la figure du chef, fondamentale pour comprendre les spécificités de l’histoire du xxe siècle.