Eric Hobsbawm

Historien britannique de renommée mondiale, Eric Hobsbawm est l’un des membres fondateurs de la revue Past and Present. Il est notamment l’auteur d’une série de synthèses de référence( L’Ère des révolutions, L’Ère du capital, L’Ère des empires, et L’Âge des extrêmes) ainsi que de travaux consacrés à l’histoire du banditisme social.

L’Invention de la tradition

Depuis sa parution en anglais, L’Invention de la tradition n’a pas cessé d’être cité et commenté, en Grande-Bretagne comme ailleurs. Le concept de « tradition inventée » fait aujourd’hui partie du patrimoine des sciences sociales et de l’histoire. Les différentes études réunies dans ce recueil décrivent comment les États-nations modernes en gestation, mais aussi les mouvements antisystémiques qui se développèrent en leur sein et les sociétés dites « traditionnelles », ont délibérément cherché, souvent avec succès, à réinterpréter radicalement ou à inventer, parfois de toutes pièces, des traditions et des « contre-traditions » pour se légitimer, s’inscrire dans la longue durée, assurer la cohésion de la communauté ou encore garantir le contrôle des métropoles impériales sur les sujets coloniaux.

Homo­nationalisme

Dans le monde de l’après-11 Septembre, l’idéologie du « choc des civilisations » se combine à celle d’un « choc des sexualités ». Nous aurions d’un côté le monde occidental, tolérant et libéral, de l’autre le monde musulman, sexiste et homophobe.

Une part non négligeable du mouvement gay états-unien, en quête d’intégration et de respectabilité, s’est ainsi engagée sur la voie d’une normali­sation « homonationaliste » et soutient les guerres « contre le terrorisme ». Parallèlement, la réception américaine des images de torture d’Abu Ghraib met en évidence les difficultés du féminisme et de la pensée queer à penser les questions de race et d’impérialisme.

C’est à l’analyse de cette intrication complexe entre politique des sexualités et projets impérialistes occidentaux, qui fait pendant à la question de l’instrumentalisation du discours féministe par des politiques racistes et impérialistes, qu’est consacré Homonationalisme.

Nous sommes les indigènes de la république

« La France a été un État colonial… La France reste un État colonial.  » En janvier 2005, l’Appel des Indigènes de la république était lancé, signé par de nombreux militants politiques et associatifs ainsi que des intellectuels. Par la suite structurés en mouvement puis en parti, les Indigènes de la république proposent depuis sept ans une réinterprétation radicale, à travers les catégories de colonialité et de races sociales, des problématiques et des conflits qui traversent la société française : racisme et antiracisme, luttes de l’immigration et des quartiers populaires.

Leur démarche a influencé tant les forces de gauche que les militants de l’immigration et des quartiers et marqué les questionnements de nombreux chercheurs et intellectuels. Cependant, beaucoup encore ne connaissent que leur Appel fondateur, ou quelques uns des nombreux textes qu’ils ont publiés. À travers cette anthologie de textes produits par Houria Bouteldja, Sadri Khiari et d’autres militants des Indigènes, on découvrira une réflexion politique novatrice en mouvement, articulée à une pratique militante qui bouscule le champ, finalement très conservateur, de la gauche antiraciste. Cette anthologie est accompagnée d’un entretien inédit mené par Félix Boggio Éwanjé-Épée et Stella Magliani-Belkacem : c’est l’occasion pour Houria Bouteldja et Sadri Khiari de restituer toutes les étapes traversées par le Parti des indigènes de la république et de poser les défis de demain.

Graeme Thomson

Silvia Maglioni et Graeme Thomson sont cinéastes et artistes interdisciplinaires. Leur travail intègre la réalisation de films, d’expositions, d’eventworks, d’émissions radio expérimentales et de publications. Après Facs of Life (2009), ils préparent actuellement leur deuxième long-métrage, Girl from the Nouvelle Vague, ainsi qu’une série de projets artistiques autour de l’Univers Infra-quark.

Silvia Maglioni

Silvia Maglioni et Graeme Thomson sont cinéastes et artistes interdisciplinaires. Leur travail intègre la réalisation de films, d’expositions, d’eventworks, d’émissions radio expérimentales et de publications. Après Facs of Life (2009), ils préparent actuellement leur deuxième long-métrage, Girl from the Nouvelle Vague, ainsi qu’une série de projets artistiques autour de l’Univers Infra-quark.

Un amour d’UIQ

« On se demande toujours s’il n’existerait pas de la vie ou de l’intelligence sur d’autres planètes, quelque part dans les étoiles… mais on ne se pose jamais de questions sur l’infiniment petit… peut-être que ça peut venir de ce côté-là, d’un univers encore plus petit que les atomes, les électrons, les quarks… »

S’il a très peu écrit sur le cinéma, Félix Guattari était cinéphile et s’intéressait aux enjeux politiques du cinéma populaire en tant que machine de subjectivation. Si bien qu’il désire passer à l’action, derrière la caméra, en s’essayant à la réalisation d’un film de science-fiction.

Guattari travaillera sur le scénario d’Un amour d’UIQ, initialement avec le cinéaste américain Robert Kramer, de 1980 à 1987 ; mais le film ne sera jamais tourné… Influencé à la fois par son travail clinique, son engagement dans la politique radicale, sa passion pour les bandes dessinées, les radios libres et les films de science-fiction, Un amour d’UIQ offre un prototype d’un cinéma populaire subversif. Un cinéma qui brouille les codes sémiotiques usagés, en construisant un champ d’affects impersonnels et trans-personnels, ainsi que des devenirs mineurs.

À travers le scénario de Guattari, et un important travail d’archive et critique, S. Maglioni, G. Thomson et I. Mangou donnent à voir le processus de création et tout le hors-champ des possibles de ce film qui n’a jamais vu le jour et interrogent la place de cette pièce, à la manière d’un puzzle, dans l’œuvre de Félix Guattari.